Bleu méditerranée

La couleur de la semaine

Un fil d’Ariane hebdomadaire pour tisser une année colorée de sens.

Marhaba !

Des fois, je me surprends à lâcher un ou deux mots en libanais à des amis proches qui ne comprennent pas. Je me suis rendue compte que je l’ai spontanément fait avec vous pour démarrer ce mail. C’est tout naturellement que je vous dit bonjour en… libanais. Vous êtes supposés comprendre, non ? Vous me lisez depuis plus de 3 ans pour certains, d’autres pour la première fois. A ces derniers : ahlan wa sahlan !

Quel étrange exercice cette Couleur de la semaine. Je suis seule face à mon écran. Connectée à mon intimité et à mon intuition. Des fois j’oublie qu’il y a plus de 1000 personnes qui me lisent. Et puis j’ai vos retours dans les stages, vos messages, vos réactions qui font écho à mes couleurs. Que j’aime vos échos !

Je lance ma Couleur de la semaine comme un petit caillou dans l’infini de la Bleue méditerranée. J’attends. Suspension. Puis des ondes qui se propagent jusqu’à inonder les stages que je propose. Je boucle l’année avec des stages qui ont affiché complet quasi en continu depuis 18 mois. Les inscriptions pointent le bout de leur nez pour 2015. Au-dedans, ma petite voix qui doute cherche la voie de la confiance.

Et j’écris 3 paragraphes avant de vous parler de la Bleue méditerranée. Je repousse l’écriture de cette couleur depuis 3 jours. Dès que je décide d’écrire, je m’invente de bonnes raisons pour ne pas m’y mettre. Cela me coûte de parler de mon pays ou de penser à lui. Lui, bordé tout le long de la Bleue méditerranée, et de l’autre côté de la frontière les montagnes. Lui si contrasté, si paradoxal, si ouvert aux échanges, si sclérosé dans sa bourgeoisie, si porteur de talents artistiques et autres. Lui qui enveloppe d’amour et qui rejette aux rives de l’exil tous ceux qui, comme moi sont beaucoup trop fragiles, résiliants et rebelles pour respirer et grandir dans un climat d’incertitude et de menace à perpétuité.

La Bleue méditerranée, flux et reflux d’un chagrin infini.
“Un chagrin infini, parce qu’il a tout son temps.” W.M.
Une Bleue méditerranée brûlante d’où jaillit les feux d’artifices des mariages et les explosions des caca-nons.

Une Bleue méditerranée complice de l’infini de mes pensées. C’est dans cette Bleue méditerranée que j’ai plongée le regard de mon enfance et celui de mon adolescence pour survivre. Je sentais qu’à force de scruter l’horizon, je me retrouverais de l’autre côté un jour. C’est ce qui s’est passé. J’ai percé l’horizon et je me suis retrouvée de l’autre côté. Comme une somnambule. Je me suis laissée porter par les vagues de mon espoir. A la lueur de mon espoir, j’ai nourri les rêves brulants de paix. Un feu qui apaise et éclaire les ambitions. Une eau qui brûle et dilue les rêves.

C’est à quelques mètres de la Bleue méditerranée que je suis née un matin de 1978. Je me suis fait attendre 4 ans durant. Têtue et rebelle avant l’heure. La Bleue méditerranée m’a accompagnée au cours de longues ballades partagées avec mon petit frère. On buvait du crush avec un chalumeau (une paille) en regardant les vagues s’écraser sur les rochers. Un jour nous avons même décidé d’écrire une lettre à des amis de mes parents que l’on avait visité en Grèce. Nous avons mis la lettre dans la bouteille de crush, refermé la bouteille et nous l’avons lancée avec beaucoup de foi dans la Bleue méditerranée en imaginant Atanase et Poppi la recueillir sur une plage grecque, si heureux de trouver notre bouteille à la mer. Nous nous sommes souvent demandés s’ils l’avaient trouvée.

Mon univers vogue à dos de taureau sur Bleue méditerranée en bataille.

Aujourd’hui j’ai appris à guider mon taureau et à le diriger. Après m’avoir enlevé en Europe, il est devenu mon complice. Je le chevauche sur les vagues parisiennes. Parée de mes vêtements chamaniques qui amplifient ma puissance. N’ayons pas peur des mots : mes vêtements chamaniques. C’est parce que ma parure chamanique m’a aidée à conduire mon taureau-ferrari à partir de mes racines intérieures que j’ai décidé d’en faire mon métier.

J’ai créé l’espace des stages pour vous transmettre mon savoir et mon expérience en matière de parure chamanique aux allures de garde-robe urbaine. Celle qui serait apparue naturellement sur les limites de votre corps si vous étiez un animal. Pour répondre à certains messages : le chapelet des stages 2015 sont enfilés ci-dessous ou sur le calendrier de mon site. Les inscriptions frétillent depuis la conférence de jeudi dernier. Je salue au passage les personnes qui sont venues. C’était la première fois que je donnais une conférence devant autant de monde. J’étais heureuse de vous rencontrer dans cette magnifique cave. Comme celle dont je parle dans le guide gratuit. Tout prend sens…

La Bleue méditerranée c’est aussi et surtout l’art de la digression ! Flux d’une pensée, reflux d’une autre, puis réapparition de la première. La Bleue méditerranée est mon chant d’amour refoulé qui afflue à nouveau dans mon souffle et dans le sang de mes racines intérieures. Je vocaliserai ce chant d’amour sous forme d’une conférence sur mon travail le 7 janvier 2015 à Beyrouth. Comme une enfant qui s’ouvre au monde, je m’appuie sur la-terre-où-je-suis-née, le cœur prêt à se laisser toucher par vagues.

La Bleue méditerranée me berce et me porte en confiance vers les rivages infinis de mon enfance. Là où le bleu du ciel se confond avec le bleu de la mer. Là il n’y a plus d’horizon, ni d’autre côté. Juste une goutte d’eau qui contient l’univers tout entier. Une goutte d’eau lancée dans l’océan du néant. Et l’écho des rires des enfants. Qui saisira la goutte sur les rivages de l’écoute ?

Dans la félicité,
Youmna

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