Jaune motarde

Ah ah ha ah ha aaaaaaaaaaaatchoum !

La couleur de la semaine

Un fil d’Ariane hebdomadaire pour tisser une année colorée de sens.

Le Jaune motarde est en orbite depuis quelques semaines déjà. Il s’est retrouvé en stand by face au Bleu astral, au Rouge conducteur, à l’Argent énergie et à la Nacre douceur parues les semaines précédentes. Ça fait beaucoup d’attente. De quoi lui faire monter la moutarde au nez.

En mars dernier j’ai acheté un scooter. J’en avais ras-le-bol des transports en communs. J’aime trop Paris pour partir ailleurs. Circuler en scooter me semblait un bon compris. Et ni de une, ni de deux, me voici propriétaire d’un scooter. En l’achetant une angoisse m’envahit : comment MOI Youmna, j’allais conduire cet engin? Il me semblait si étranger à mon univers. J’aurais tellement voulu qu’il soit Jaune motarde ou bronze, mais finalement il est noir et je m’y reconnaissais encore moins.

Le scooter est resté garé 2 mois en bas de chez moi, j’avais peur de le conduire malgré le cours que j’avais suivi. J’étais persuadée de le revendre avant la fin de l’été. Mais un beau matin, inspirée par le Jaune motarde et ayant vraiment vraiment vraiiiiiment ras-le bol des transports parisiens, je décide de m’entrainer 10mn par jour dans ma rue. Pas plus ni moins, mais CHAQUE jour coûte que coûte. A ma grande surprise, dès le 3e jour seulement je ressens la confiance pour sortir de ma rue et faire le tour du paté de maisons. Le 6e jour, je me surprends à explorer des rues plus éloignées de mon quartier.

Le Jaune motarde circule grâce à la persévérance.

Et vous savez quoi ? Je n’ai pas revendu le scooter à la fin de l’été. Il est toujours là et je ressens beaucoup de joie en le conduisant. Beaucoup plus de confiance aussi. Sauf qu’il y a exactement deux mois, le 9/09 à 9h 09 (authentique!) je suis victime d’un accident. Rue d’oberkampf, je suis à l’arrêt au feu rouge. Une voiture accélère au lieu de freiner. Sur le moment je ne comprends pas ce qui se passe. Je me retourne pour capter le regard du chauffeur mais il continue à accélérer. Je percute la voiture devant moi, qui percute la voiture devant elle. Je perds l’équilibre et mon genou gauche surfe sur l’asphalte. La jupe du scooter (installée la veille, Dieu merci) est trouée et évite ainsi à mon genou de l’être. Il s’en sort avec une large brulure mais superficielle.

Tout cela dure une fraction de seconde. C’est la sensation d’acharnement qui envahit mon corps pendant le choc. Dans mon imagination le chauffeur était un ivrogne avec un visage rouge et des cornes comme un méchant diable qui serre les dents en ricanant. En réalité c’était une femme. Elle était chinoise. Elle était plus que confuse d’avoir confondu l’accélérateur avec le frein.

On pourrait tirer la conclusion qui suit : conduire un scooter à Paris est très dangereux. Ce qui n’est pas faux en soi. Mais j’en ai tiré un tout autre enseignement. Cet accident est la meilleure chose qui me soit arrivée ces derniers mois. Je ne souhaite pas le revivre non plus. Le scooter est resté 2 mois au garage. Pendant ce temps, le Jaune motarde a eu le loisir de sillonner les routes qui mènent à ma conscience. Mon corps physique atteint au genou (Je-Nous), pointait une question brulante relative à la sphère de la relation.

Le Jaune motarde est le véhicule qui mène à la conscience de la relation. Il demande : à quel moment tu accélères avec acharnement alors que l’autre est à l’arrêt ?

Aussi absurde que cela puisse paraitre, cette conductrice, à en croire mon intuition, a capté mon inconscient. Elle ne comprenait pas elle-même comment elle avait fait pour se tromper de pédale. Si le Jaune motarde tombait sur moi le 09/09 à 09h09, jour de pleine lune, ce n’était pas un hasard. Le Jaune motarde a mis un terme à un de mes fonctionnements limitants qui n’avait plus lieu d’être. Il est venu clore ma tendance à l’acharnement dans la relation.

L’autre me renvoyait que j’étais trop impatiente, trop rapide. Trop de trop. Je ne l’entendais pas. Je n’entendais pas non plus l’écho du puits sans fond en moi qui réclamait de l’amour. Et que l’on me renvoyait trop souvent à mon goût. Mon acharnement était le moyen que j’avais trouvé pour quémander de l’amour sans m’en rendre compte. Je ne voulais pas reconnaitre mon acharnement jusqu’à ce que le Jaune motarde intervienne.

Depuis que je me suis tournée vers mon puits intérieur, que j’ai reconnu son existence, mon attention lui a fait naitre un fond comme par magie. Et l’autre, dans la relation m’a donné le feu vert ! J’avais l’autorisation d’avancer. Plus besoin de s’acharner. Ce n’était pas le puits qui était sans fond, mais ma conscience du puits qui n’avait pas encore pris forme. Il était déjà là. Tout le monde le voyait sauf moi.

Le Jaune motarde conduit à la forme du puits sans fond.

Le travail que j’expérimente au quotidien avec les archétypes de vêtements m’a aussi donné des clés. Mon physique chaleureux, doux et voluptueux est sous-tendu par un corps de relation impulsif, fulgurant et cash. Il n’y a rien à changer. Juste laisser la place au Jaune motarde pour lui permettre de monter à la conscience. Avant l’accident de préférence.

La semaine dernière était celle de mes retrouvailles avec mon scooter. Je n’avais pas peur de le conduire, au contraire. J’ai la croyance que les accidents, quels qu’ils soient sont en résonance avec notre état intérieur. Le jour où j’ai fait mon accident, mon intuition me disait de prendre le métro. J’ai quand-même pris le scooter par orgueil. Pour me prouver que j’en étais capable. A partir d’aujourd’hui je donnerais beaucoup plus de crédit à mon intuition. Et je ne suis finalement pas mécontente que mon scooter soit noir.

De Dijon à Beyrouth, en passant par Paris, attendez le feu vert, pour laisser passer le Jaune motarde. Ah ah ha ah ha aaaaaaaaaaaatchoum ! A vos souhaits :-) !

Dans la félicité,
Youmna

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