Coquelicot intime

“La véritable intimité est celle qui permet de rêver ensemble avec des rêves différents.” Jacques Salomé

La couleur de la semaine

Un fil d’Ariane hebdomadaire pour tisser une année colorée de sens.

J’ai beaucoup aimé traverser la semaine Bleu orage. C’était plein de relief, de mouvements intérieurs extrêmement denses. Je me sentais labourée de l’intérieur. Les vagues me retournaient comme de la terre. J’ai perdu pied. Mais au fond de moi une confiance sereine m’habitait. J’ai contacté un nouvel espace en moi plus profond que ce que j’ai toujours connu auparavant. Cette nouvelle Terre découverte en moi m’a mené au Coquelicot intime. C’est de cet endroit beaucoup plus profond, mais beaucoup plus sensible et intime que je vous écris désormais. Qu’en est-il pour vous ? Comment traversez-vous le Bleu orage ? Que vous fait-il découvrir ? Vous fait-il peur ? Moi un peu oui je dois l’avouer.

Revenons au Coquelicot intime ! Je suis la reine de l’extrapolation, je fonctionne comme l’eau, ça déborde et s’infiltre de partout sans vraiment beaucoup de structure! Ou alors une structure organique. Le Coquelicot intime a fleuri dans l’œil de la tempête. Imaginez des coquelicots qui fleurissent sur des vagues Bleu orage. C’est beau non ? Ça crée un contraste, une lumière. Une touche de joie dans un tableau intériorisé et mélancolique. Le Coquelicot intime affiche la vulnérabilité et la fraicheur. Il a une vie furtive et ne supporte pas trop les vagues. Lorsqu’il apparait au creux de la vague, il la force à se canaliser pour ne pas l’écraser.

Le Coquelicot intime amène du discernement entre les sujets intimes et la posture d’intimité.

Le Coquelicot intime vient nous questionner sur ce qu’on dévoile de soi ou pas. Une stagiaire ostéopathe me livrait que ses clientes voilées étaient celles qui se déshabillaient avec le plus de facilité alors qu’elle ne l’avait pas demandé. Cela m’amène à penser que plus on se cache, moins on est intime avec soi. Le Coquelicot intime c’est aussi ce vêtement que l’on aimerait porter pour révéler qui l’on est. Cette toile de vulnérabilité entre soi et le monde. Qu’est-ce que je dis de moi ? Comment est-ce que je le dis ?

Pourquoi livrons-nous parfois des sujets intimes à des personnes que l’on connait à peine ? Est-ce notre difficulté à être intime avec soi qui nous fait livrer des faits de notre vie à des inconnus ? Le Coquelicot intime se cherche des fois sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce que je révèle et quel sens ça a ? Qu’est-ce que je cache et comment je dis les choses ?

Le Coquelicot intime nous rappelle qu’un acteur c’est quelqu’un qui sait être intime en public. C’est-à-dire qu’il crée une proximité avec les autres sans jamais parler de lui et de sa vie. Si je tiens autant à mon projet de spectacle sur le vêtement, c’est pour surfer avec vous sur la vague du Coquelicot intime. C’est un travail très assidu qui demande une grande discipline. Le Coquelicot intime tel un violon qui demande à être accordé, ajusté au plus fin du fin. Au plus subtil du subtil pour ne pas tomber dans le dissonant de la maladresse. Et pourtant c’est ce qui fait le charme du Coquelicot intime : en cherchant la finesse, il fini par émouvoir, par toucher. Et sa maladresse devient grâce.

Chaleureusement,
Youmna